VERDON Sebastien

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1979, Filderstadt, Allemagne | travaille à Lausanne et à Neuchâtel

Verdon S.
Sebastien Verdon, Bast (magenta), 2016, acrylique sur toile, 170 × 130 cm. © photographie : Sebastien Verdon

Sebastien Verdon étudie au CEPV de Vevey ainsi qu’à la Hochschule der Künste de Berne où il obtient un Bachelor en beaux-arts en 2009. Il participe à des expositions collectives notamment au Centre d’art contemporain de Genève en 2013 ou d’Yverdon en 2016, et personnelles, comme au Centre Dürrenmatt en 2015.

FOCUS SUR SEBASTIEN VERDON

— Salut Sebastien, un mot en guise de présentation sur toi ?
— Salut, Cleoriana, en guise de petit mot de présentation, j’aimerais te parler de définitions ; qu’est-ce qui nous définit aujourd’hui ? Comment définir un artiste ? Chaque jour nous redéfinit en quelque sorte.

— Plutôt peinture, dessin, vidéo ou ins- tallation ? Et pourquoi ?
— Aujourd’hui, peinture. Je m’attaque à deux relativement grands formats ! Utiliser plusieurs médiums, c’est comme parler plusieurs langues. Ma démarche polymorphique m’apporte les subtilités, les précisions, la radicalité que je veux amener à une idée. C’est aussi pour ne pas devenir l’esclave de moi-même, tu vois ce que je veux dire ?

— C’est aussi une manière de te dépasser et de rester ouvert aux changements ?
— Oui aussi. Et cela me permet d’avoir du recul par rapport à ma production. Je ne sais pas si je serai toute ma vie un touche-à-tout, ou si un jour je n’aurai qu’un seul discours, une pratique artistique claire… Comme tu le dis, je reste ouvert aux changements.

— Et avec du recul, quel a été le sujet le plus fou que tu aies abordé artistiquement ?

— La question est intéressante, mais il n’est pas aisé d’y répondre, car j’hésite entre deux différents projets ; le premier s’est passé en 2012. Un projet de collaboration avec Renaud Loda et laNeue Galerie de Berne. Nous nous sommes posé la question de l’importance du regardeur, si ce n’est pas lui finalement qui fait que l’œuvre existe en tant que telle… Sans lui, l’artiste ne serait-il pas ce demi-fou solitaire et incompris qui assemble et dissocie des matériaux ? Nous avons donc décidé de monter une exposition sans public et sans documentation. Nous nous sommes embarqués à bord d’un navire-transporteur (cargo), de Lisbonne en partance pour New York. La traversée a duré 12 jours, nous n’avions aucun moyen de communication. Nous avons produit des pièces sur le cargo et au beau milieu de l’océan Atlantique, nous avons monté une exposition que nous seuls pouvions voir. L’autre sujet qui me vient en tête est un « dessin » sur lequel je travaille depuis le 8 novembre 2016. En partant du constat que je n’avais aucune nouvelle idée intéressante pour commencer un nouveau travail, j’ai commencé à faire des barres de comptage sur un grand rouleau en papier. Je me suis dit que tant que je n’avais aucune idée réellement valable, j’allais continuer. En parallèle à cela, je note toutes les idées qui me viennent durant ce processus. C’est extrêmement méditatif.— « Une idée réellement valable », intéressant ce terme que tu choisis, non ?

— J’ai beaucoup d’empathie pour les visiteurs d’exposition. Je me mets à leur place et je me demande : « est-ce que ça vaut vraiment la peine de se déplacer pour voir ça ? » Souvent je trouve les expositions extrêmement ennuyantes, à part pour voir des amis aux vernissages. Une idée réellement valable serait quelque chose qui vaut vraiment la peine d’être montré, qui vaut la peine d’être débattu, tout en ne répétant pas ce que l’art du passé nous a déjà offert. Je tiens aussi à préciser que je m’inclue dans cette brochette d’artistes qui n’apportent plus grand-chose. Un jour peut-être je m’en démarquerai.

— Et pour finir, la scène artistique contemporaine neuchâteloise, tu la trouves comment ?— Oh, c’est déjà fini ?
— Tu souhaites discuter d’un autre sujet ? Ou bien peut-être que tu as toi aussi des ques- tions ouvertes ou non, sur ton œuvre, de manière générale ?

— Concernant la scène neuchâteloise : cela dépend à quoi on la compare. Les diverses positions artistiques, les nombreuses plateformes qui prolifèrent, indiquent clairement une volonté de plus en plus forte de continuer à se développer. Concernant des questions sur mon travail, bah oui y en a beaucoup, mais je n’ai pas le recul nécessaire, du moins pas ces jours où je suis dans une hyperactivité.

Cleoriana Benacloche