DUBACH Alois

1947, Lucerne | travaille à Valangin

Formé initialement en architecture, c’est en autodidacte qu’Alois Dubach démarre une carrière dans la sculpture dans les années 1970. Son travail est régulièrement exposé, parfois de façon permanente, comme à la Fondation Gianadda. Ses œuvres sont aussi présentées dans de nombreux espaces publics en Suisse, mais aussi en Italie et en Corée du Sud. Il reçoit le prix Bachelin en 2005

 

Focus sur Alois Dubach

 

ALOIS DUBACH — PENSER L’ESPACE

 

Le sculpteur métallier neuchâtelois Alois Dubach est un constructeur. Participant à partir des années 1960 à la déconstruction de la sculpture moderne plus classique, il se met par la suite à créer des pièces métalliques géométriques qu’il réalise comme des objets industriels. Ces œuvres, souvent créées pour l’extérieur, lui permettent d’étudier la confrontation de l’artefact à son espace. C’est une façon personnelle de « penser l’espace ».

Alois Dubach est né à Lucerne en 1947. Après l’école primaire, sa famille déménage à Neuchâtel pour raisons professionnelles. En 1964 – 1967, il fréquente une école privée d’architecture à Lausanne. Il y acquiert les bases du dessin technique d’architecture. En 1967, il s’installe à Landeyeux et réalise des premières sculptures faites de tubes métalliques entourant des éléments géométriques en béton, des sortes « d’archisculptures ». Par la suite, pièces où le béton est remplacé par des feuilles de tôle soudées : début de la sculpture sur métal. En 1971, il s’installe à Valangin et y aménage son atelier. Peu d’expositions. Approfondissement des recherches plastiques. Réalisation de nombreuses sculptures. En 1981, première exposition personnelle de sculptures à la Galerie Jonas au Petit-Cortaillod. En 1985, première participation à l’exposition suisse de sculpture de Môtiers avec l’installation de la sculpture « Désordre » qui est acheté après l’exposition et s’y trouve toujours. La même année, il épouse Lily L’Eplattenier. En 1987, suite à un concours, création de la monumentale sculpture « Épigramme » en acier Corten dans la cour de la caserne de Colombier. En 1988, il participe au deuxième symposium de sculpture dans le cadre des Jeux Olympiques de Séoul avec la grande sculpture « Témoin III » (8,4 × 3,5 × 3 m) qui exprime selon ses propres termes « constamment les mêmes préoccupations qui sont les oppositions entre le strict, l’ordonné, le rigide et d’autre part des éléments plus déséquilibrés, plus vulnérables ou fragiles ». Dès 1989, début des grands voyages, d’abord en Égypte puis au Yémen. En 1991, il décide, avec Olivier Estoppey et Denis Schneider, de créer un « cimetière de sculptures » réalisé avec l’aide de Jean Kittel près de Vissoie en Valais. Dès 1993, début des sculptures filiformes que l’artiste appelle des « sculptures-dessins ». La même année, première participation à l’exposition suisse de sculptures à Bex avec une grande sculpture en acier Corten. De 1993 à 2001, participation à de nombreuses expositions nationales de sculptures (Bex, Môtiers, Martigny). 1997, voyage en Jordanie et en Syrie, en 2000 au Mali. En 2001 – 2002, grande sculpture en tubes d’acier peints près du transformateur électrique de Beauregard (NE). En 2002, il séjourne pendant six mois à Berlin dans l’atelier du canton de Neuchâtel et y réalise un grand cycle de dessins et une publication sous le titre « Brunnenstrasse » d’après l’adresse de l’atelier. De 2003 à 2008, nombreux livres d’artiste. En 2008, exposition personnelle importante au MBAL au Locle avec plusieurs cycles de dessins et quelques sculptures. Depuis 2008, réalisation d’un grand nombre de dessins, en partie en grand format. Il en dira : « Mes sculptures et dessins sont complémentaires. Il ne s’agit en aucun cas de dessins de sculptures. Bien indépendants l’un de l’autre, ils sont issus de la même volonté d’occuper l’espace. » Depuis 2011, voyage au Ladakh puis à Delhi, en Ousbekistan et en Iran.

 

Walter Tschopp