RABUS Léopold

1977, Neuchâtel | travaille à Neuchâtel

Rabus L.
Léopold Rabus, Nuée (détail), 2015, huile sur toile, 220 × 300 cm

De 1993 à 1994, Léopold Rabus est inscrit à l’Académie de Meuron de Neuchâtel. Il fréquente ensuite l’EAA de La Chaux-de-Fonds et bénéficie de la bourse de la ville de Neuchâtel en 2000 pour séjourner à Paris. Depuis cette date, son travail pictural est régulièrement exposé de façon personnelle et collective, en Suisse et à l’étranger, notamment aux États-Unis, en Allemagne, France, Belgique, Grèce, Chine et au Danemark.

FOCUS SUR LÉOPOLD RABUS

Léopold Rabus est un artiste-peintre neuchâtelois. Il réalise ses tableaux à la peinture à l’huile sur toile. Sa démarche artistique est très différente de celle de son frère Till : il pratique une peinture figurative qui tente de rendre la dichotomie, la dissonance entre ce qu’il voit et ce qu’il ressent. Léopold Rabus travaille des ambiances : il aime se promener dans la région et prendre de nombreuses photographies qui alimentent son large matériel iconographique. Il élabore ainsi une bibliothèque remplie de ses photographies et de monographies sur les nombreux artistes qui ont marqué l’histoire de l’art. Ce matériel sert véritablement à la réalisation de ses toiles, car l’artiste s’en sert pour créer ses décors et ses fonds. Les décors de ses peintures sont donc faits de vues de la région neuchâteloise et notamment de bâtiments en ruine. Nous y constatons un certain amour pour les coins oubliés et abandonnés, voire les endroits banals. Pour l’artiste, ces endroits sont emprunts de poésie, qu’il tente de restituer dans ses œuvres.
La peinture de Léopold Rabus évoque un sentiment d’étrangeté, ou « Unheimliche » pour reprendre le concept de Sigmund Freud et qui produit un malaise né d’une rupture de la rationalité rassurante du quotidien. Devant ses toiles, nous ne sommes pas certains d’être face à une représentation d’un monde réel ou fantastique. Ce sentiment est ainsi provoqué par des paysages réels servant de décors à des scènes qui font surgir des chimères. Cette étrangeté visuelle se double d’un autre malaise. En effet, les personnages de l’artiste expriment à la vue de tous des sentiments et des pulsions humaines qui, normalement, ne sont pas montrés en pleine lumière.

Amandine Cabrio